jeudi 21 février 2008

Cantonales: un enjeu pour l'Aube.


Elections cantonales : pour quoi faire ?

Depuis sept ans, date de la dernière élection cantonale, l’enjeu et le sens de l’élection a évolué :


- les prérogatives du département ont été renforcées mais les financements ne suivent pas .
- Les communes du canton font désormais partie d’une « communauté » dotée d’un Conseil communautaire et d’un Président.
- La réforme de l’Etat actuellement en cours et en particulier le rapport « Attali » tendent à redéfinir les institutions locales. Au sein de la majorité UMP la disparition du département est fortement envisagée. « Renforcer les régions et les intercommunalités en faisant disparaître en dix ans l’échelon départemental » telle est la proposition Attali défendue notamment par Maurice Leroy (Nouveau centre) . « La fusion entre les départements et les régions est une réforme profonde à engager » écrit-il dans Le Monde (14 février 2008). A la veille de l’élection départementale le Président de la république a pris ses distances avec cette mesure. Disons le en toute simplicité : cela ne suffit pas à nous rassurer.

Quelle est la place du canton dans les structures administratives ?

Malgré une confusion fréquemment entretenue, le canton est d’abord une circonscription électorale. L’ assemblée correspondante est le Conseil général qui gère le budget départemental. Les élus qui composent cette assemblée sont les conseillers généraux. Le mode de scrutin étant le scrutin majoritaire à deux tours, le département a été découpé en 33 circonscriptions : ce sont nos cantons.
Ce système n’est pas exempt de critiques. On sait qu’il n’assure pas une représentation équitable de la diversité des opinions. Sur 33 conseillers généraux – qu’il serait plus juste d’appeler conseillers départementaux- on compte 28 conseillers de droite ( même si tous n’affichent pas leur appartenance), 1 écologiste, 2 PS et 2 PCF : 85% d’élus de droite alors que la gauche représente tout de même près de 40% des voix dans l’Aube ! Cette extravagance soigneusement entretenue est le résultat du découpage territorial ( 65% de la population élit seulement 5 conseillers, les 35% restant en élisent 28 ! ). Le mode de scrutin favorise le déséquilibre. Depuis toujours nous réclamons un scrutin proportionnel : autant de voix que d’élus en pourcentage.



Quel est le rôle du Conseiller général ?

Membre de l’Assemblée départementale, il prend part à tous les débats concernant l’Aube. Il participe à diverses commissions et siège dans les organismes correspondants. Il vote en particulier le budget ( 321,7 millions d’euros en 2008). Compte tenu des pouvoirs du Conseil général, l’orientation politique des élus est loin d’être sans importance. Lors de son interview sur FR3, le président sortant, M. Adnot a cru pouvoir tirer argument de ce que de nombreux textes avaient été votés par la plupart voire tous les conseillers essayant ainsi de donner à penser que les élus ne seraient que des « gestionnaires » impartiaux et unanimes. Il n’en est rien naturellement. L’opposition sait heureusement se montrer constructive. Cela ne signifie nullement qu’elle n’a pas de projets propres. Là comme ailleurs, la droite se distingue de la gauche. M. Adnot comme M Voix se flattent de ne pas augmenter « les impôts ». Ils oublient simplement de dire que la fiscalité locale est profondément injuste et qu’ils l’aggravent pour les plus modestes.

Localement cependant, le Conseiller général est aussi l’interlocuteur privilégié des élus municipaux. Au contact avec la population, il a la possibilité d’informer, de faciliter la réalisation des projets locaux. La part des subventions accordées par le département aux communes et aux associations n’est pas négligeable. Les habitants du canton et leurs élus attendent à juste titre que leur Conseiller général défende les dossiers qui lui sont soumis et participe autant que faire se peu à une répartition équitable au niveau des divers territoires. Cette fonction n’est pas « institutionnelle » . Elle résulte de pratiques locales et n’est pas toujours exempte du risque de clientélisme.
Depuis peu, les communes du canton de Piney ont été regroupées dans une « communauté » dotée d’un Conseil communautaire composé d’élus et d’un Président. Présentée comme une simple transformation des anciens syndicats intercommunaux, il est bien évident que cette structure est appelée à prendre de plus en plus d’importance.
La notion de « démocratie participative » a pu donner lieu dans un passé récent à sarcasmes ou à dévoiements. Elle recouvre cependant un ensemble de pratiques déjà mises en œuvre dans de nombreuses régions sous des formes diverses. Je pense pour ma part que l’expression responsable des citoyens doit être favorisée au-delà de la démocratie représentative . Il nous appartient de faire vivre une autre manière de participer à la vie citoyenne, à l’opposé du clinquant, des coups de pub et des coups de bluff dans lesquels le nouveau Président de la république tente d’enfermer le débat démocratique.

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